Webinaire de l’ARC sur la gestion transformationnelle des risques : le COVID-19 et son impact sur la santé, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire

JOHANNESBURG, LE 26 MAI – Les impacts de la pandémie mondiale actuelle de COVID-19 en Afrique pourraient être dévastateurs pour les moyens de subsistance, la santé et la sécurité alimentaire. Malgré la multiplication des mesures humanitaires pour soutenir les personnes vulnérables sur le continent, les effets combinés des crises de santé et de la sécurité alimentaire pèsent lourdement sur les économies africaines. Dans ce contexte, les experts africains se sont réunis dans le cadre d’un webinaire organisé par la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC) pour discuter de la manière dont les économies africaines peuvent mieux se préparer et répondre aux risques sanitaires et d’insécurité alimentaire exacerbés par la pandémie.

Dans un monde de crises combinées, les pays, les communautés et les entités du secteur privé doivent mieux gérer les crises. En tant qu’institution spécialisée de l’Union africaine, l’ARC a pour mission d’utiliser des mécanismes de financement modernes, tels que la mutualisation et le transfert des risques pour créer des systèmes panafricains de réponse aux défis climatiques permettant aux pays africains de répondre aux besoins des personnes touchées par les catastrophes naturelles et les épidémies.

 «Le COVID-19 est un appel au réveil pour l’Afrique mais aussi une merveilleuse occasion d’apprendre. Une gestion transformationnelle des risques sur le continent est un impératif à tous les niveaux, tant public que privé », a déclaré le Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Directeur général de l’ARC, Mohamed Beavogui.

«Nous avons besoin d’un système de gestion de risques ancré sur le plan numérique, structuré sur le plan institutionnel aux niveaux régional et national et soutenu par des politiques publiques sensibles aux risques. Nous devons être préparés et comprendre clairement les profils de risque de nos pays », a-t-il ajouté.

Concernant l’impact socio-économique de la pandémie, le Dr Ibrahim Mayaki, directeur général de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), a déclaré que «l’Afrique est désormais confrontée à un défi systémique car la pandémie ne concerne pas seulement la santé, elle concerne également la sécurité alimentaire, les inégalités et les troubles sociaux. Dans ce contexte, la gestion des risques de catastrophe devient fondamentale. »

En ce qui concerne la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), le directeur général de l’AUDA-NEPAD a fait remarquer que «nous devons repenser les ODD ainsi que les objectifs africains de développement (ADG) dans le contexte de l’Agenda 2063 de l’UA; mais cela ne se produira que si nous sommes mus par une détermination politique appropriée à travers notre leadership pour augmenter notre niveau d’intégration. »

La pandémie de COVID-19 a également eu un impact dévastateur sur l’agriculture africaine, un secteur qui représente jusqu’à 65% des emplois sur le continent. Il est donc crucial de mettre un accent particulier sur l’agriculture, dans le cadre de la réponse dans le contexte de la reprise post-COVID-19.

 «À l’UNECA (Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique), nous envisageons des programmes de soutien aux agriculteurs, mais aussi davantage d’investissements dans l’agriculture pour préparer et planifier la réponse à des impacts du genre. Nous travaillons également avec nos partenaires pour voir comment nous pouvons résoudre le problème de la sécurité alimentaire et nous assurer que nous ne nous retrouverons pas sans rien à manger dans les 6 ou 12 prochains mois. Nous voulons avoir une approche coordonnée quant à la meilleure façon d’aborder les questions de l’agriculture et de la sécurité alimentaire », a déclaré M. William Lugemwa, directeur de la Division du Développement et des Finances du Secteur Privé, qui représentait la secrétaire générale adjointe de l’ONU et Secrétaire exécutive de la CEA, Vera Songwe.

Le professeur Stanley Okolo, directeur général de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) a partagé son point de vue sur la manière dont son organisation répond à la pandémie.

«Il est important de souligner que la situation est différente de celle de la crise de l’Ebola que nous avons connue en Afrique de l’Ouest. Bien que cette expérience nous ait dotés de capacités de préparation en termes d’épidémies, cette crise est toutefois différente puisqu’au lieu de toucher seulement 3 pays, elle a touché les 15 pays de la CEDEAO », a-t-il dit.

Il a en outre commenté l’importance de renforcer la préparation pour faire face aux urgences de santé publique de manière globale et a souligné la nécessité pour les pays africains d’adopter le paiement des primes, à travers la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, afin de se préparer pour la prochaine pandémie.

«L’Afrique doit mettre en place des systèmes de gestion des risques de catastrophe non seulement pour gagner le combat contre cette pandémie, mais aussi en prévision des pandémies et catastrophes naturelles à venir. Dans ce contexte, le rôle de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques est fondamental pour une réponse régionale opportune et intégrée », a conclu le professeur Okolo.

Au niveau de chaque pays, Mme Judith Rusike, Directrice des marchés financiers et de capitaux et représentante du Ministre des Finances et du Développement économique au Zimbabwe, a exprimé son point de vue sur les défis budgétaires auxquels son pays se heurte face au COVID-19. «En plus de la pandémie de COVID-19, nous avons rencontré des défis continus, y compris en matière d’insécurité alimentaire, en raison de sécheresses précédentes successives et d’autres catastrophes liées au climat. Le gouvernement a proposé des mesures comprenant la distribution d’une aide alimentaire aux personnes vulnérables, ce qui a constitué une aide appréciable », a-t-elle indiqué.

Mme Rusike a ajouté que les paiements d’indemnité de l’ARC, lorsqu’une couverture est souscrite, peuvent aider les pays en leur fournissant un certain niveau de secours en temps utile en cas de catastrophe. «Le travail continu de l’ARC pour lancer un produit O&E qui comprendrait les coronavirus est très louable puisqu’il renforcera la préparation pour lutter contre de futures pandémies telles que le COVID-19 », a-t-elle conclu.

Le webinaire a mis en évidence les éléments suivants, entre autre : i) les effets de la pandémie mondiale sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des Africains; (ii) le rôle des systèmes de gestion de risques tels que les profils de risques continentaux et nationaux et les systèmes d’alerte précoce en matière de santé et d’insécurité alimentaire; (iii) les perspectives pour le développement de meilleurs systèmes de réponse financière en Afrique; et le besoin d’une stratégie concertée et dirigée par l’Afrique pour mieux faire face aux risques liés à la sécurité alimentaire et sanitaire.

===FINIS===

CONTACT MEDIA :

M. Chinedu Moghalu

Spécialiste principal en communication

Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC)

Mob: +27 (0) 83-308-7068

chinedu.moghalu@arc.int

chinedu.moghalu@wfp.org

À propos de l’ARC :

La Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC) est composée de l’Institution de l’ARC et de la Société d’assurance de l’ARC (ARC Ltd). L’Institution de l’ARC a été créée en 2012 en tant qu’institution spécialisée de l’Union africaine pour aider les États membres à améliorer leurs capacités afin de mieux planifier, préparer et répondre aux catastrophes météorologiques. L’ARC Ltd est une mutuelle d’assurance offrant des services de transfert de risques aux États membres à travers la mutualisation des risques et l’accès aux marchés de la réassurance. L’ARC a été créée sur la base du principe qu’investir dans la préparation et l’alerte précoce grâce à une approche de financement innovante est très rentable et peut économiser jusqu’à quatre dollars pour chaque dollar préalablement investi.

Avec l’appui du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Suède, de la Suisse, du Canada, de la France, de la Fondation Rockefeller et des États-Unis, l’ARC aide les États membres de l’Union africaine à réduire les risques de pertes et de dommages causés par les événements météorologiques extrêmes affectant les populations africaines en apportant, à travers une assurance souveraine des risques de catastrophe, des réponses ciblées aux catastrophes naturelles de manière plus opportune, économique, objective et transparente. L’ARC utilise désormais son expertise pour aider à lutter contre d’autres menaces majeures auxquelles le continent est confronté, dont les foyers et les flambées épidémiques.

Depuis 2014, 32 contrats d’assurance ont été signé, représentant 74 millions USD de primes versées pour une couverture d’assurance totale de 544 millions USD en vue de la protection de 54 millions de personnes vulnérables dans les pays participants.

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